2026 : 15 ans dans l’industrie du fitness

15 leçons après une décennie et demie sur le terrain
2026 marque ma quinzième année dans l’industrie du fitness.
15 ans à coacher, gérer, observer, apprendre… et comprendre les véritables enjeux, pour les clients et les professionnels.
1. Le fitness a explosé
Il y a environ 15 ans, la Belgique comptait ±700 000 membres inscrits en clubs de fitness.
Aujourd’hui, on estime ce chiffre à plus de 1,3 million d’adhérents, avec plus de 1 000 structures actives.
La pratique est devenue massive. Mais plus un marché grossit, plus la concurrence devient intense.
2. Le low-cost a transformé le paysage
L’arrivée des chaînes low-cost a bouleversé l’équilibre.
Aujourd’hui voici ce qui peut encore subsister dans la jungle du fitness :
- soit du low-cost à très gros volume,
- soit du premium haut de gamme.
Le modèle intermédiaire familial est devenu rare. La logique est industrielle et/ou immobilière.
3. Beaucoup d’argent circule… mais la rentabilité reste fragile
Machines coûteuses, loyers élevés, marketing, personnel, le coût de l’énergie qui augmente…
Le fitness brasse de l’argent, mais les marges sont souvent fines, voire inexistantes dans certains cas.
C’est un secteur spectaculaire… mais pas toujours confortable économiquement.
Ceux qui s’en sortent sont les 20% des coachs qui font les 80% d’heures prestées (loi Pareto), et puis derrière, les acteurs qui sont propriétaires des immeubles.
4. La formation est indispensable
On ne s’improvise pas coach.
Comprendre l’anatomie, la physiologie, la biomécanique, la gestion de la douleur, la progression de charge… c’est une responsabilité. D’autant plus aujourd’hui où le coach doit aussi avoir des connaissance en santé car nos clients ont souvent des pathologies. La formation continue est essentielle pour rester pertinent et crédible, et elle commence à devenir structurelle.
5. Mais le diplôme ne fait pas tout
Et pourtant, certains coachs peu diplômés réussissent très bien.
Pourquoi ?
Parce que le succès repose aussi sur :
- la relation humaine,
- la capacité à motiver,
- la confiance,
- la constance,
- le marketing personnel.
Le savoir ouvre la porte. Le savoir-être construit la carrière.
6. Tout le monde veut devenir coach
Les reconversions explosent : RH, managers, juristes, informaticiens…
Le métier attire car il est évidemment passionnant par son côté humain, mais aussi son côté visuel avec l’explosion des réseaux sociaux.
Mais le marché ne s’élargit pas proportionnellement.
La concurrence devient horizontale, imprévisible.
7. Paradoxalement, beaucoup de coachs sont fatigués
Quand on parle entre collègues, on entend souvent :
“J’aime ce que je fais, mais c’est dur.”
Le métier demande beaucoup plus que ce que les réseaux montrent.
Il faut beaucoup d’endurance pour persister dans le temps.
8. Les horaires sont exigeants
Un coach travaille quand les autres sont disponibles :
7h du matin avant le boulot
Midi pendant la pause déjeuner.
17–20h après les heures de bureau.
Si on remplit les heures creuses (par exemple avec des indépendants plus flexibles ou des retraités) on peut facilement atteindre 10 à 12 heures par jour.
9. L’énergie mentale est sous-estimée
On écoute des histoires de vie.
On gère des frustrations.
On soutient des gens en burn-out, en dépression, en maladie chronique, maladies graves et parfois même jusqu’à la mort.
Le coach est parfois confident, parfois soutien psychologique officieux avec des liens qui se tissent sur des années.
On donne beaucoup, on reçoit beaucoup (en positif comme en négatif). C’est énergivore.
10. Travailler dans une salle salle, ce n’est pas que coacher
On sous-estime énormément la complexité quotidienne d’un club de fitness/wellness.
Ce n’est pas seulement donner des séances.
C’est :
- ouvrir et fermer, accueillir les membres
- vérifier les applications et softwares, CRM
- gérer une machine ou une douche en panne
- résoudre un conflit entre deux membres
- apaiser une tension au sein de l’équipe
- servir un café ou un shaker protéiné
- répondre à un email urgent
- gérer un prestataire absent ou en retard.
- beaucoup de communication et de « don » de son temps
Une salle est un organisme vivant.
Il y a toujours un imprévu (loi de Murphy).
11. Le fitness moderne change encore
Les tendances actuelles montrent :
- hybridation digital / présentiel
- coaching personnalisé plutôt que généraliste
- montée du Pilates, mobilité, respiration
- recherche de récupération/bien-être et pas uniquement la performance
- approche santé et « lifestyle » plutôt qu’esthétique pure
Le fitness évolue vers plus de santé, mais aussi plus de recherche d’approbation et « social proof » sur les réseaux.
12. Le marketing est devenu incontournable
Aujourd’hui, être bon ne suffit plus.
Il faut être visible.
Contenu.
Réseaux sociaux.
Storytelling.
La compétence invisible ne vend pas. Et encore une fois, la concurrence est rude.
Aujourd’hui, un(e) jeune coach qui démarre avec du contenu sexy aura beaucoup plus de clients qu’un coach ultra expérimenté qui cumule les diplômes et les années d’expérience.
13. Les rencontres humaines sont une richesse immense
Le fitness permet des rencontres improbables.
Des clients deviennent amis.
Des collaborations naissent.
Des projets émergent.
C’est un milieu humainement riche.
14. Le networking ouvre des opportunités inattendues
On rencontre des entrepreneurs, des médecins, des artistes, des dirigeants.
Une discussion après une séance peut devenir :
- un projet,
- une formation,
- une opportunité business.
Le fitness est aussi un carrefour social où différentes classes peuvent communiquer, réunies autour du sport.
15. Conseils à un jeune qui veut se lancer
Si tu veux entrer dans ce milieu :
- Forme-toi sérieusement et reste ouvert d’esprit.
- Travaille ton relationnel autant que ta technique.
- Apprends le marketing tôt.
- Protège ton énergie.
- Ne construis pas seulement un job, construis un modèle durable.
Et surtout :
Ne crois pas que c’est facile parce que ça a l’air canon.
